
C’est à Fontainebleau, en 1948, que l’eugéniste malthusien Sir Julian Huxley, également président de l’UNESCO, lança l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Après que la Fondation Ford eut offert l’argent nécessaire pour installer un secrétariat permanent à Gland, en Suisse, l’IUCN sera doublée d’une ONG spécialement vouée à réunir des fonds. Huxley embauche pour cela l’ex-membre encarté du parti nazi néerlandais, le Prince Bernhard des Pays-Bas, et son ami le Prince Philip d’Edimbourg, lui aussi un malthusien fanatique. Ensemble ils créeront en 1961 le WWF (Fond mondial pour la nature), qui s’installe lui aussi à Gland. En jouant sur l’image et l’affect (quel enfant ne serait pas attiré par ce panda géant, symbole du WWF ?), la médiatisation de la défense de l’environnement deviendra le cheval de Troie de l’oligarchie pour s’opposer à toute croissance démographique, un phénomène qu’elle estime cancéreux, en particulier dans les pays du Sud.
Un des stratagèmes du WWF sera la défense des oiseaux. Or, où se reproduisent-ils ? Dans l’immense mosaïque des zones humides reparties sur la surface du globe, comme par exemple dans les marécages des Dombes en France, pour ne citer qu’un exemple français.
Or, que fait le WWF ? En 1971, il organise la conférence de Ramsar, une station balnéaire sur les rives de la mer Caspienne en Iran, où 18 pays signeront une convention sur la protection des zones humides, stipulant que chaque partie contractante devra désigner sur son propre territoire des sites à inclure dans la liste (dite « de Ramsar ») des zones humides « importantes, en raison des fonctions écologiques et hydrologiques qu’elles remplissent, pour la conservation de la diversité biologique mondiale et la pérennité de la vie humaine ». Ensuite, tout dépend forcément de l’interprétation de ce texte ambigu.
A la date du 17 septembre 2010, 160 pays ont signé cette convention qui concerne 1898 sites « de Ramsar », représentant une superficie totale de 186 millions d’hectares, soit plus de quatre fois la superficie de l’Allemagne !
D’abord, constatons qu’en France, parmi les 36 sites, on trouve la baie du Mont Saint-Michel, la Camargue, mais aussi « l’Impluvium d’Evian ». On comprend mieux quand on sait que Danone et sa compagnie des Eaux d’Evian, depuis 1998, sponsorise la Liste de Ramsar.
Cependant, c’est peut-être en Afrique que l’on découvre le revers de la médaille. Alors que le projet Transaqua, qui comprend la construction d’un canal long de 2400 km, couplé à un effort sérieux d’aménagement d’un lac Tchad sauvé et réalimenté en eau, pourrait enrayer en quelques années les famines à répétition qui menacent la vie de plus de dix millions de personnes au Sahel, on constate que ce qui reste du lac sous forme de marécages a été progressivement inscrit sur la liste de Ramsar et doit désormais être « protégé » en l’état !
Sur la liste des « sites de Ramsar », on trouve la partie camerounaise du lac Tchad (12 500 ha) ainsi que quelque 600 000 ha de la plaine du Logone, une des rivières qui l’alimentent. La partie tchadienne du lac (1 648 168 ha) y figure également, ainsi que les plaines d’inondation du Logone (2 978 900 ha). Le Niger lui aussi a inscrit 340 423 ha du lac sur la liste. Le lac se meurt et les poissons se font de plus en plus rares, mais il est bien protégé !
Autre exemple ? Prenez l’immense « marais du Sudd », région marécageuse formée par le Nil Blanc dont la poldérisation, notamment grâce au canal de Djongleï (inachevé à cause des conflits), aurait pu permettre au Soudan de jouer son rôle de grenier à blé pour tout le continent africain. Sans surprise, le marais du Sudd avec ces 5 700 000 ha, figure lui aussi sur la dite liste !
Alors que se tiendra fin octobre à N’djamena une grande conférence internationale pour sauver le lac Tchad, deux visions du monde s’affrontent : préserver la nature telle qu’elle est ou sauver l’homme et son droit à l’entière croissance. L’assèchement du lac Tchad se poursuit depuis 40 ans, engendrant pauvreté, famine et maladies, et à son rythme actuel, le lac disparaîtra d’ici 20 ans, menaçant la survie de plus de 30 millions de personnes. Mais le lobby écologiste anti-humain mené par le WWF du Prince Philip d’Edimbourg s’oppose activement à tout grand projet de transfert d’eau pour revitaliser le lac, se posant ainsi en grand promoteur du désert.
Lors d’une récente conversation avec un chercheur italien, un expert du WWF a vivement manifesté l’opposition de son organisation à tout « projet de transfert d’eau » depuis les bassins fluviaux des régions tropicale et équatoriale situées plus au sud. Selon lui, le WWF s’oppose également à toute « culture et activité industrielle gourmande en eau » et pense, comme les intérêts financiers, que ces projets « sont chers ». Face à l’avancée du désert, le WWF prône une « meilleure gestion des ressources » et de « petits projets locaux ». Mais publiquement, l’Ong fondée par la monarchie britannique au moment de la décolonisation, martèle la nécessité de conserver les zones humides bordant le lac pour en faire des réserves protégées pour les oiseaux migrateurs. Entre 2001 et 2010, le WWF a convaincu les quatre pays bordant le lac – Niger, Tchad, Cameroun et Nigeria – de classer zones protégées plus de 2,6 millions d’hectares, revendiquant « la plus grande des quelques zone humides reconnues internationalement, où les pays s’engagent à protéger et gérer conjointement les écosystèmes aquatiques et leurs ressources ».
Les pays membre de la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) ont lancé en 2009 une étude pour un projet de transfert d’eau de 1300 km depuis le fleuve Oubangui. Mais c’est une version amoindrie et insuffisante du projet Transaqua discuté depuis 1988 et qui, lui, récolterait grâce à un canal de 2400km connecté à plusieurs affluents du fleuve Congo, 5% des eaux de ce gigantesque bassin dont le potentiel reste largement inutilisé. Toutefois, les pays de la CBLT n’ont les moyens de financer aucune des deux versions de ce grand projet et dépendent de la bonne volonté des bailleurs de fonds internationaux, comme « s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez les autres ». (*)
La survie de millions d’africains dépend de la réalisation de ces grands projets qui permettront sur plusieurs génération de vaincre le désert. Le Sahara était une vaste oasis il y a plusieurs milliers d’années mais la nature s’est révélée incapable de la conserver. Ne conservons donc pas la nature, améliorons-là. Prenons le désert en étaux : au Sud le projet Transaqua, et au Nord un projet Roudaire-Plus qui créeront deux vastes oasis de développement agro-industriel formant le point de départ de cette reconquête.
Pour ouvrir la voie à ces grands projets, nous devons débloquer la situation en mettant en faillite organisée les spéculateurs internationaux et leurs réseaux de connivence, et ainsi rétablir un système international à taux de change fixe qui débloquera enfin les vannes du crédit à l’économie réelle.
(*) Thomas Sankara, dans son discours du 29 juillet 1987 sur le Front uni contre la dette.
http://www.dailymotion.com/video/x1dyrc_thomas-sankara-addis-abeba-29071987_people
Un des stratagèmes du WWF sera la défense des oiseaux. Or, où se reproduisent-ils ? Dans l’immense mosaïque des zones humides reparties sur la surface du globe, comme par exemple dans les marécages des Dombes en France, pour ne citer qu’un exemple français.
Or, que fait le WWF ? En 1971, il organise la conférence de Ramsar, une station balnéaire sur les rives de la mer Caspienne en Iran, où 18 pays signeront une convention sur la protection des zones humides, stipulant que chaque partie contractante devra désigner sur son propre territoire des sites à inclure dans la liste (dite « de Ramsar ») des zones humides « importantes, en raison des fonctions écologiques et hydrologiques qu’elles remplissent, pour la conservation de la diversité biologique mondiale et la pérennité de la vie humaine ». Ensuite, tout dépend forcément de l’interprétation de ce texte ambigu.
A la date du 17 septembre 2010, 160 pays ont signé cette convention qui concerne 1898 sites « de Ramsar », représentant une superficie totale de 186 millions d’hectares, soit plus de quatre fois la superficie de l’Allemagne !
D’abord, constatons qu’en France, parmi les 36 sites, on trouve la baie du Mont Saint-Michel, la Camargue, mais aussi « l’Impluvium d’Evian ». On comprend mieux quand on sait que Danone et sa compagnie des Eaux d’Evian, depuis 1998, sponsorise la Liste de Ramsar.
Cependant, c’est peut-être en Afrique que l’on découvre le revers de la médaille. Alors que le projet Transaqua, qui comprend la construction d’un canal long de 2400 km, couplé à un effort sérieux d’aménagement d’un lac Tchad sauvé et réalimenté en eau, pourrait enrayer en quelques années les famines à répétition qui menacent la vie de plus de dix millions de personnes au Sahel, on constate que ce qui reste du lac sous forme de marécages a été progressivement inscrit sur la liste de Ramsar et doit désormais être « protégé » en l’état !
Sur la liste des « sites de Ramsar », on trouve la partie camerounaise du lac Tchad (12 500 ha) ainsi que quelque 600 000 ha de la plaine du Logone, une des rivières qui l’alimentent. La partie tchadienne du lac (1 648 168 ha) y figure également, ainsi que les plaines d’inondation du Logone (2 978 900 ha). Le Niger lui aussi a inscrit 340 423 ha du lac sur la liste. Le lac se meurt et les poissons se font de plus en plus rares, mais il est bien protégé !
Autre exemple ? Prenez l’immense « marais du Sudd », région marécageuse formée par le Nil Blanc dont la poldérisation, notamment grâce au canal de Djongleï (inachevé à cause des conflits), aurait pu permettre au Soudan de jouer son rôle de grenier à blé pour tout le continent africain. Sans surprise, le marais du Sudd avec ces 5 700 000 ha, figure lui aussi sur la dite liste !
Alors que se tiendra fin octobre à N’djamena une grande conférence internationale pour sauver le lac Tchad, deux visions du monde s’affrontent : préserver la nature telle qu’elle est ou sauver l’homme et son droit à l’entière croissance. L’assèchement du lac Tchad se poursuit depuis 40 ans, engendrant pauvreté, famine et maladies, et à son rythme actuel, le lac disparaîtra d’ici 20 ans, menaçant la survie de plus de 30 millions de personnes. Mais le lobby écologiste anti-humain mené par le WWF du Prince Philip d’Edimbourg s’oppose activement à tout grand projet de transfert d’eau pour revitaliser le lac, se posant ainsi en grand promoteur du désert.
Lors d’une récente conversation avec un chercheur italien, un expert du WWF a vivement manifesté l’opposition de son organisation à tout « projet de transfert d’eau » depuis les bassins fluviaux des régions tropicale et équatoriale situées plus au sud. Selon lui, le WWF s’oppose également à toute « culture et activité industrielle gourmande en eau » et pense, comme les intérêts financiers, que ces projets « sont chers ». Face à l’avancée du désert, le WWF prône une « meilleure gestion des ressources » et de « petits projets locaux ». Mais publiquement, l’Ong fondée par la monarchie britannique au moment de la décolonisation, martèle la nécessité de conserver les zones humides bordant le lac pour en faire des réserves protégées pour les oiseaux migrateurs. Entre 2001 et 2010, le WWF a convaincu les quatre pays bordant le lac – Niger, Tchad, Cameroun et Nigeria – de classer zones protégées plus de 2,6 millions d’hectares, revendiquant « la plus grande des quelques zone humides reconnues internationalement, où les pays s’engagent à protéger et gérer conjointement les écosystèmes aquatiques et leurs ressources ».
Les pays membre de la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) ont lancé en 2009 une étude pour un projet de transfert d’eau de 1300 km depuis le fleuve Oubangui. Mais c’est une version amoindrie et insuffisante du projet Transaqua discuté depuis 1988 et qui, lui, récolterait grâce à un canal de 2400km connecté à plusieurs affluents du fleuve Congo, 5% des eaux de ce gigantesque bassin dont le potentiel reste largement inutilisé. Toutefois, les pays de la CBLT n’ont les moyens de financer aucune des deux versions de ce grand projet et dépendent de la bonne volonté des bailleurs de fonds internationaux, comme « s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez les autres ». (*)
La survie de millions d’africains dépend de la réalisation de ces grands projets qui permettront sur plusieurs génération de vaincre le désert. Le Sahara était une vaste oasis il y a plusieurs milliers d’années mais la nature s’est révélée incapable de la conserver. Ne conservons donc pas la nature, améliorons-là. Prenons le désert en étaux : au Sud le projet Transaqua, et au Nord un projet Roudaire-Plus qui créeront deux vastes oasis de développement agro-industriel formant le point de départ de cette reconquête.
Pour ouvrir la voie à ces grands projets, nous devons débloquer la situation en mettant en faillite organisée les spéculateurs internationaux et leurs réseaux de connivence, et ainsi rétablir un système international à taux de change fixe qui débloquera enfin les vannes du crédit à l’économie réelle.
(*) Thomas Sankara, dans son discours du 29 juillet 1987 sur le Front uni contre la dette.
http://www.dailymotion.com/video/x1dyrc_thomas-sankara-addis-abeba-29071987_people

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