Après l’été 2007, la multiplication pratiquement sans limites de crédits hypothécaires en faveur d’acquéreurs de logements, insolvables ou quasi insolvables, a abouti à un effondrement du marché immobilier américain lorsque le doute s’est installé et que la demande s’est tarie. D’abord les logements bas de gamme, les fameux subprime, ont été frappés de plein fouet par la baisse, puis le reste du marché a suivi.
L’enchaînement des opérations a été le suivant : les propriétaires prenaient leur crédit à un courtier, qui le plaçait auprès d’une banque, laquelle revendait le crédit à une autre banque ou aux deux géants sous garantie publique, Fannie Mae et Freddie Mac, qui à leur tour se défaussaient en plaçant leur créance dans un MBS (Mortgage backed security), entité juridique à personnalité propre mais sans personnel, qui regroupait des « paquets » de créances provenant de multiples banques, déléguant à une autre banque le soin de collecter les mensualités. Les droits de propriété se trouvaient ainsi titrisés, c’est-à-dire partagés et fragmentés entre de multiples acquéreurs.
Le glas de la folie immobilière ayant sonné, des centaines de milliers de logements ont été saisis et continuent à l’être par les banques, et leurs propriétaires – et même leurs locataires – sont physiquement expulsés. Ce sont les banques en fin de chaîne qui ont engagé les opérations, en les déléguant généralement à des firmes d’avocats spécialisés surnommés les « moulins à liquidations ». Ceux-ci s’appuient sur des sociétés de traitement de documents, ou les traitent eux-mêmes. Les uns et les autres, afin d’éviter la faillite et d’agir le plus vite possible, ont pratiqué sans gêne la fraude la plus inimaginable, avec une incompétence et une négligence sans précédent.
La fraude pratiquée apparaît à quatre niveaux :
– la fraude au niveau de l’enregistrement. Les prêteurs voulaient pouvoir faire le plus vite possible de jolis paquets avec les créances, et pour cela transférer rapidement les hypothèques. Le système traditionnel d’enregistrement, celui des « county clerks », en quelque sorte des « notaires cantonaux », était fiable et pérenne, mais prenait beaucoup de temps et coûtait beaucoup d’argent. Aussi, les grandes banques, avec Fannie Mae et Freddie Mac, créèrent leur propre service d’enregistrement, le MERS (Mortgage Electronic Registration Service), informatisé à l’extrême. Normalement, à chaque transfert d’hypothèque, il faut créer un nouveau titre sur lequel figure le nom du nouveau créancier et acquitter un droit d’enregistrement. MERS, prête-nom et intermédiaire commun, permettait de contourner la règle, s’arrogeant même le droit de saisir les logements.
– la fraude des saisies illégales. Tout d’abord, les procédures enregistrées par le système MERS ont été logiquement jugées illégales, ou du moins non recevables devant un tribunal. Ensuite, il a été constaté que MERS, organisme intermédiaire entre les banques qui détenaient réellement l’hypothèque, n’avait pas lui-même le droit de saisir. Enfin, les saisies elles-mêmes ont été effectuées dans des conditions scandaleuses et souvent frauduleuses. Pour faire vite, les banques et les cabinets d’avocats spécialisés ont traité les dossiers à la chaîne, sans la moindre préoccupation déontologique. Dans certains cabinets, le nombre de dossiers était tel que la direction avait mis des tampons de notaire à la disposition de tous les employés. Pour suivre la cadence, les sociétés de traitement de documents et les collecteurs de crédit ont embauché à tour de bras tout ce qui leur tombait sous la main – coiffeurs, employés de supermarchés, ouvriers – en assignant à ces opérateurs des rôles clés dans les services chargés de la gestion des saisies immobilières pour faire de l’abattage. Avec l’informatisation, de nombreux documents ont été, volontairement ou non, perdus Les imbroglios se sont multipliés : certains propriétaires se sont retrouvés face aux envoyés de deux ou trois banques différentes venus saisir leur bien, chaque banque prétendant détenir l’hypothèque, preuves à l’appui. C’est ici que toute l’affaire devient particulièrement nauséabonde : pour remédier aux problèmes posés par la perte de documents, de nombreuses banques, assistées par des avocats à la moralité plus que douteuse, ont produit des faux ou des pièces antidatées. Pire encore, en Floride, l’Etat a embauché des juges, le plus souvent retraités, pour constituer des tribunaux spéciaux particulièrement complaisants envers les « preuves » apportées par les banques.
Des poursuites seront bientôt engagées au pénal, dans un pays où les sanctions peuvent être très lourdes. On évalue le risque pour les grandes banques à 700 milliards de dollars de pertes supplémentaires possibles, avec d’éventuels dommages et intérêts à verser pouvant atteindre 750 milliards de dollars.
– la fraude aux taxes. La procédure MERS a permis aux banques de ne pas s’acquitter de taxes dues aux Etats ou aux municipalités, à chaque enregistrement de prêt ou modification. Le MERS devrait ainsi rembourser entre 60 et 120 milliards de dollars rien qu’à l’Etat de Californie. En tout, la fraude atteindrait plusieurs centaines de milliards de dollars.
– la fraude aux MBS. Le système MERS a surtout été créé pour dissimuler ce qui se cache derrière les MBS, c’est-à-dire que de trop nombreux prêts ont été attribués à des familles incapables de rembourser. A ce stade, il ne s’agissait pas de prêts subprime, mais de prêts poubelles, quasi totalement fictifs. D’après des estimations objectives, plus de 30 % des MBS pourraient être frauduleux. Ici, quelques centaines de milliards de dollars seront en jeu lorsque les clients de MBS se retourneront contre les établissements financiers et exigeront d’eux de très lourdes réparations pour manœuvres frauduleuses.
On peut donc évaluer le risque total à environ 2000 milliards de dollars. Le risque est énorme alors que le gouvernement américain a déjà tiré presque toutes ses cartouches pour renflouer les banques casinos. Ici le choix est simple : abandonner les banques à leur propre sort, avec d’inéluctables faillites, ou faire fonctionner encore davantage la planche à billets électronique et provoquer l’hyperinflation, ou les deux réunis. On voit combien cela touche tous les pays du G20. Euh... l’économie mondiale!
Il faut regarder la réalité en face, c’est-à-dire la mort de ce système. Et se mobiliser pour ne pas mourir avec lui, c’est-à-dire en changer.
mercredi 3 novembre 2010
jeudi 21 octobre 2010
Comment le WWF sabote les grands projets en Afrique

C’est à Fontainebleau, en 1948, que l’eugéniste malthusien Sir Julian Huxley, également président de l’UNESCO, lança l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Après que la Fondation Ford eut offert l’argent nécessaire pour installer un secrétariat permanent à Gland, en Suisse, l’IUCN sera doublée d’une ONG spécialement vouée à réunir des fonds. Huxley embauche pour cela l’ex-membre encarté du parti nazi néerlandais, le Prince Bernhard des Pays-Bas, et son ami le Prince Philip d’Edimbourg, lui aussi un malthusien fanatique. Ensemble ils créeront en 1961 le WWF (Fond mondial pour la nature), qui s’installe lui aussi à Gland. En jouant sur l’image et l’affect (quel enfant ne serait pas attiré par ce panda géant, symbole du WWF ?), la médiatisation de la défense de l’environnement deviendra le cheval de Troie de l’oligarchie pour s’opposer à toute croissance démographique, un phénomène qu’elle estime cancéreux, en particulier dans les pays du Sud.
Un des stratagèmes du WWF sera la défense des oiseaux. Or, où se reproduisent-ils ? Dans l’immense mosaïque des zones humides reparties sur la surface du globe, comme par exemple dans les marécages des Dombes en France, pour ne citer qu’un exemple français.
Or, que fait le WWF ? En 1971, il organise la conférence de Ramsar, une station balnéaire sur les rives de la mer Caspienne en Iran, où 18 pays signeront une convention sur la protection des zones humides, stipulant que chaque partie contractante devra désigner sur son propre territoire des sites à inclure dans la liste (dite « de Ramsar ») des zones humides « importantes, en raison des fonctions écologiques et hydrologiques qu’elles remplissent, pour la conservation de la diversité biologique mondiale et la pérennité de la vie humaine ». Ensuite, tout dépend forcément de l’interprétation de ce texte ambigu.
A la date du 17 septembre 2010, 160 pays ont signé cette convention qui concerne 1898 sites « de Ramsar », représentant une superficie totale de 186 millions d’hectares, soit plus de quatre fois la superficie de l’Allemagne !
D’abord, constatons qu’en France, parmi les 36 sites, on trouve la baie du Mont Saint-Michel, la Camargue, mais aussi « l’Impluvium d’Evian ». On comprend mieux quand on sait que Danone et sa compagnie des Eaux d’Evian, depuis 1998, sponsorise la Liste de Ramsar.
Cependant, c’est peut-être en Afrique que l’on découvre le revers de la médaille. Alors que le projet Transaqua, qui comprend la construction d’un canal long de 2400 km, couplé à un effort sérieux d’aménagement d’un lac Tchad sauvé et réalimenté en eau, pourrait enrayer en quelques années les famines à répétition qui menacent la vie de plus de dix millions de personnes au Sahel, on constate que ce qui reste du lac sous forme de marécages a été progressivement inscrit sur la liste de Ramsar et doit désormais être « protégé » en l’état !
Sur la liste des « sites de Ramsar », on trouve la partie camerounaise du lac Tchad (12 500 ha) ainsi que quelque 600 000 ha de la plaine du Logone, une des rivières qui l’alimentent. La partie tchadienne du lac (1 648 168 ha) y figure également, ainsi que les plaines d’inondation du Logone (2 978 900 ha). Le Niger lui aussi a inscrit 340 423 ha du lac sur la liste. Le lac se meurt et les poissons se font de plus en plus rares, mais il est bien protégé !
Autre exemple ? Prenez l’immense « marais du Sudd », région marécageuse formée par le Nil Blanc dont la poldérisation, notamment grâce au canal de Djongleï (inachevé à cause des conflits), aurait pu permettre au Soudan de jouer son rôle de grenier à blé pour tout le continent africain. Sans surprise, le marais du Sudd avec ces 5 700 000 ha, figure lui aussi sur la dite liste !
Alors que se tiendra fin octobre à N’djamena une grande conférence internationale pour sauver le lac Tchad, deux visions du monde s’affrontent : préserver la nature telle qu’elle est ou sauver l’homme et son droit à l’entière croissance. L’assèchement du lac Tchad se poursuit depuis 40 ans, engendrant pauvreté, famine et maladies, et à son rythme actuel, le lac disparaîtra d’ici 20 ans, menaçant la survie de plus de 30 millions de personnes. Mais le lobby écologiste anti-humain mené par le WWF du Prince Philip d’Edimbourg s’oppose activement à tout grand projet de transfert d’eau pour revitaliser le lac, se posant ainsi en grand promoteur du désert.
Lors d’une récente conversation avec un chercheur italien, un expert du WWF a vivement manifesté l’opposition de son organisation à tout « projet de transfert d’eau » depuis les bassins fluviaux des régions tropicale et équatoriale situées plus au sud. Selon lui, le WWF s’oppose également à toute « culture et activité industrielle gourmande en eau » et pense, comme les intérêts financiers, que ces projets « sont chers ». Face à l’avancée du désert, le WWF prône une « meilleure gestion des ressources » et de « petits projets locaux ». Mais publiquement, l’Ong fondée par la monarchie britannique au moment de la décolonisation, martèle la nécessité de conserver les zones humides bordant le lac pour en faire des réserves protégées pour les oiseaux migrateurs. Entre 2001 et 2010, le WWF a convaincu les quatre pays bordant le lac – Niger, Tchad, Cameroun et Nigeria – de classer zones protégées plus de 2,6 millions d’hectares, revendiquant « la plus grande des quelques zone humides reconnues internationalement, où les pays s’engagent à protéger et gérer conjointement les écosystèmes aquatiques et leurs ressources ».
Les pays membre de la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) ont lancé en 2009 une étude pour un projet de transfert d’eau de 1300 km depuis le fleuve Oubangui. Mais c’est une version amoindrie et insuffisante du projet Transaqua discuté depuis 1988 et qui, lui, récolterait grâce à un canal de 2400km connecté à plusieurs affluents du fleuve Congo, 5% des eaux de ce gigantesque bassin dont le potentiel reste largement inutilisé. Toutefois, les pays de la CBLT n’ont les moyens de financer aucune des deux versions de ce grand projet et dépendent de la bonne volonté des bailleurs de fonds internationaux, comme « s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez les autres ». (*)
La survie de millions d’africains dépend de la réalisation de ces grands projets qui permettront sur plusieurs génération de vaincre le désert. Le Sahara était une vaste oasis il y a plusieurs milliers d’années mais la nature s’est révélée incapable de la conserver. Ne conservons donc pas la nature, améliorons-là. Prenons le désert en étaux : au Sud le projet Transaqua, et au Nord un projet Roudaire-Plus qui créeront deux vastes oasis de développement agro-industriel formant le point de départ de cette reconquête.
Pour ouvrir la voie à ces grands projets, nous devons débloquer la situation en mettant en faillite organisée les spéculateurs internationaux et leurs réseaux de connivence, et ainsi rétablir un système international à taux de change fixe qui débloquera enfin les vannes du crédit à l’économie réelle.
(*) Thomas Sankara, dans son discours du 29 juillet 1987 sur le Front uni contre la dette.
http://www.dailymotion.com/video/x1dyrc_thomas-sankara-addis-abeba-29071987_people
Un des stratagèmes du WWF sera la défense des oiseaux. Or, où se reproduisent-ils ? Dans l’immense mosaïque des zones humides reparties sur la surface du globe, comme par exemple dans les marécages des Dombes en France, pour ne citer qu’un exemple français.
Or, que fait le WWF ? En 1971, il organise la conférence de Ramsar, une station balnéaire sur les rives de la mer Caspienne en Iran, où 18 pays signeront une convention sur la protection des zones humides, stipulant que chaque partie contractante devra désigner sur son propre territoire des sites à inclure dans la liste (dite « de Ramsar ») des zones humides « importantes, en raison des fonctions écologiques et hydrologiques qu’elles remplissent, pour la conservation de la diversité biologique mondiale et la pérennité de la vie humaine ». Ensuite, tout dépend forcément de l’interprétation de ce texte ambigu.
A la date du 17 septembre 2010, 160 pays ont signé cette convention qui concerne 1898 sites « de Ramsar », représentant une superficie totale de 186 millions d’hectares, soit plus de quatre fois la superficie de l’Allemagne !
D’abord, constatons qu’en France, parmi les 36 sites, on trouve la baie du Mont Saint-Michel, la Camargue, mais aussi « l’Impluvium d’Evian ». On comprend mieux quand on sait que Danone et sa compagnie des Eaux d’Evian, depuis 1998, sponsorise la Liste de Ramsar.
Cependant, c’est peut-être en Afrique que l’on découvre le revers de la médaille. Alors que le projet Transaqua, qui comprend la construction d’un canal long de 2400 km, couplé à un effort sérieux d’aménagement d’un lac Tchad sauvé et réalimenté en eau, pourrait enrayer en quelques années les famines à répétition qui menacent la vie de plus de dix millions de personnes au Sahel, on constate que ce qui reste du lac sous forme de marécages a été progressivement inscrit sur la liste de Ramsar et doit désormais être « protégé » en l’état !
Sur la liste des « sites de Ramsar », on trouve la partie camerounaise du lac Tchad (12 500 ha) ainsi que quelque 600 000 ha de la plaine du Logone, une des rivières qui l’alimentent. La partie tchadienne du lac (1 648 168 ha) y figure également, ainsi que les plaines d’inondation du Logone (2 978 900 ha). Le Niger lui aussi a inscrit 340 423 ha du lac sur la liste. Le lac se meurt et les poissons se font de plus en plus rares, mais il est bien protégé !
Autre exemple ? Prenez l’immense « marais du Sudd », région marécageuse formée par le Nil Blanc dont la poldérisation, notamment grâce au canal de Djongleï (inachevé à cause des conflits), aurait pu permettre au Soudan de jouer son rôle de grenier à blé pour tout le continent africain. Sans surprise, le marais du Sudd avec ces 5 700 000 ha, figure lui aussi sur la dite liste !
Alors que se tiendra fin octobre à N’djamena une grande conférence internationale pour sauver le lac Tchad, deux visions du monde s’affrontent : préserver la nature telle qu’elle est ou sauver l’homme et son droit à l’entière croissance. L’assèchement du lac Tchad se poursuit depuis 40 ans, engendrant pauvreté, famine et maladies, et à son rythme actuel, le lac disparaîtra d’ici 20 ans, menaçant la survie de plus de 30 millions de personnes. Mais le lobby écologiste anti-humain mené par le WWF du Prince Philip d’Edimbourg s’oppose activement à tout grand projet de transfert d’eau pour revitaliser le lac, se posant ainsi en grand promoteur du désert.
Lors d’une récente conversation avec un chercheur italien, un expert du WWF a vivement manifesté l’opposition de son organisation à tout « projet de transfert d’eau » depuis les bassins fluviaux des régions tropicale et équatoriale situées plus au sud. Selon lui, le WWF s’oppose également à toute « culture et activité industrielle gourmande en eau » et pense, comme les intérêts financiers, que ces projets « sont chers ». Face à l’avancée du désert, le WWF prône une « meilleure gestion des ressources » et de « petits projets locaux ». Mais publiquement, l’Ong fondée par la monarchie britannique au moment de la décolonisation, martèle la nécessité de conserver les zones humides bordant le lac pour en faire des réserves protégées pour les oiseaux migrateurs. Entre 2001 et 2010, le WWF a convaincu les quatre pays bordant le lac – Niger, Tchad, Cameroun et Nigeria – de classer zones protégées plus de 2,6 millions d’hectares, revendiquant « la plus grande des quelques zone humides reconnues internationalement, où les pays s’engagent à protéger et gérer conjointement les écosystèmes aquatiques et leurs ressources ».
Les pays membre de la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) ont lancé en 2009 une étude pour un projet de transfert d’eau de 1300 km depuis le fleuve Oubangui. Mais c’est une version amoindrie et insuffisante du projet Transaqua discuté depuis 1988 et qui, lui, récolterait grâce à un canal de 2400km connecté à plusieurs affluents du fleuve Congo, 5% des eaux de ce gigantesque bassin dont le potentiel reste largement inutilisé. Toutefois, les pays de la CBLT n’ont les moyens de financer aucune des deux versions de ce grand projet et dépendent de la bonne volonté des bailleurs de fonds internationaux, comme « s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez les autres ». (*)
La survie de millions d’africains dépend de la réalisation de ces grands projets qui permettront sur plusieurs génération de vaincre le désert. Le Sahara était une vaste oasis il y a plusieurs milliers d’années mais la nature s’est révélée incapable de la conserver. Ne conservons donc pas la nature, améliorons-là. Prenons le désert en étaux : au Sud le projet Transaqua, et au Nord un projet Roudaire-Plus qui créeront deux vastes oasis de développement agro-industriel formant le point de départ de cette reconquête.
Pour ouvrir la voie à ces grands projets, nous devons débloquer la situation en mettant en faillite organisée les spéculateurs internationaux et leurs réseaux de connivence, et ainsi rétablir un système international à taux de change fixe qui débloquera enfin les vannes du crédit à l’économie réelle.
(*) Thomas Sankara, dans son discours du 29 juillet 1987 sur le Front uni contre la dette.
http://www.dailymotion.com/video/x1dyrc_thomas-sankara-addis-abeba-29071987_people
vendredi 8 octobre 2010
Actualités
La parodie de procès dans l’affaire Kerviel, qui a vu la Société Générale entièrement blanchie, ne fait qu’exposer la fraude systémique de l’économie financiarisée. Rappelons que hors affaire Kerviel, la SocGen a dû évacuer cette année 45 milliards d’euros de titres toxiques vers une structure de défaisance afin d’éviter la faillite. Mais c’est l’ensemble des banques qui est en situation de banqueroute ; seule une procédure de mise en faillite organisée permettra de rétablir la justice aux yeux du peuple et de l’économie.
L’analyste financier Edouard Tétreau a demandé le rétablissement de la séparation entre banques de dépôt et banques d’affaire :
« Ce procès spectaculaire a permis au vrai procès de ne pas avoir lieu : le vrai procès c’est celui de toute la finance de marché (…) les banques d’investissement sont des banques de spéculation, c’est ce procès qui doit avoir lieu. Il ne s’agit pas que de la Société Générale mais de BNP, Goldman Sachs, etc. (…) c’est le procès d’une profession qui cherche des rentabilités excessives de court terme, qui est dans la confusion des genres, qui traite une fois pour son compte propre puis qui joue avec l’argent des déposants (…) sur des produits extrêmement dangereux pour nos économies et nos sociétés. (…) Nos entreprises, nos collectivités locales, les ménages ont besoin d’investir mais le crédit ne va plus au bon endroit (…) ces banques cherchent des rentabilités excessives et intenables, on en a payé le prix il y a deux ans, vous et moi, les contribuables, si bien qu’aujourd’hui les Etats sont rincés (…) Il faut découper les banques en deux, il s’agit d’une restructuration, cela s’appelle Glass-Steagall. »
L’analyste financier Edouard Tétreau a demandé le rétablissement de la séparation entre banques de dépôt et banques d’affaire :
« Ce procès spectaculaire a permis au vrai procès de ne pas avoir lieu : le vrai procès c’est celui de toute la finance de marché (…) les banques d’investissement sont des banques de spéculation, c’est ce procès qui doit avoir lieu. Il ne s’agit pas que de la Société Générale mais de BNP, Goldman Sachs, etc. (…) c’est le procès d’une profession qui cherche des rentabilités excessives de court terme, qui est dans la confusion des genres, qui traite une fois pour son compte propre puis qui joue avec l’argent des déposants (…) sur des produits extrêmement dangereux pour nos économies et nos sociétés. (…) Nos entreprises, nos collectivités locales, les ménages ont besoin d’investir mais le crédit ne va plus au bon endroit (…) ces banques cherchent des rentabilités excessives et intenables, on en a payé le prix il y a deux ans, vous et moi, les contribuables, si bien qu’aujourd’hui les Etats sont rincés (…) Il faut découper les banques en deux, il s’agit d’une restructuration, cela s’appelle Glass-Steagall. »
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